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4 phrases à ne pas dire pour aider un proche autiste en crise

L'autisme est quelque chose de compliqué, mystérieux et désarmant pour le cerveau neurotypique. Et même si vous avez toutes les meilleures intentions du monde, pendant une crise, vous pouvez dire quelque chose qui vous semble bien ... et en réalité aggraver la crise de votre proche.


Alors voici un petit coup de pouce pour mieux comprendre ce qui est bon à dire (et ce qui ne l'est pas).


"Franchement c'était évitable ..."


Peut être avez vous complètement raison ... peut être pas, mais là n'est pas le débat. Pendant une crise, le cerveau de votre proche ne répond plus normalement. Il est noyé sous toutes les hormones les plus désagréables du cerveau humain, et la souffrance physique et psychologique est juste inimaginable pour un neurotypique.


Et dire ça ? Et bien même si vous avez raison, c'est dire à votre proche "tu l'as bien cherché".


Je répète : même s'il est possible que vous ayez raison, c'est une chose horrible à entendre alors qu'on souffre.Cela combine la notion que votre proche a échoué à bien se protéger, n'a pas su prendre les bonnes décisions, et que vous n'avez pas confiance en sa capacité à analyser la situation et mieux se protéger à l'avenir. Cette phrase est un cocktail de culpabilité et de jugement négatif (même si ce n'est évidemment pas votre intention).


Votre proche est intelligent, il saura se dire tout seul si la crise était évitable, et se protéger à l'avenir des déclencheurs rencontrés. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'une crise autistique est atroce à vivre, et qu'iel n'a pas envie de la revivre pour les mêmes raisons.


"Tes crises c'est pas facile pour les gens autour non plus"


On ignore souvent que les crises autistiques les plus intenses vont de paire avec des idées noires voire suicidaires. Dans un moment comme celui ci : vous validez sans le vouloir toutes les pensez les plus négatives que votre proche a en lui rajoutant le poids de sa crise sur vous.


Si vous voulez absolument aborder les difficultés de l'entourage de votre proche autiste, faites le dans un moment apaisé, serein, et soyez prudent de ne pas le culpabiliser inutilement sur des choses qu'iel ne peut pas changer. Il est important que votre souffrance ne soit pas niée, ou culpabilisée : mais il faut aussi garder en tête que c'est votre proche qui souffre le plus, et qu'une de ses crises n'est pas le bon moment pour aborder votre souffrance à vous.


"Franchement il y a des gens qui vivent bien pire"



Cette phrase est à bannir tout court, et en toutes circonstances. Parce qu'elle ne veut rien dire. Votre proche ne choisit pas de faire des crises. Il ne les fait pas parce qu'il est contrarié, frustré, ou déprimé. Il fait ces crises parce que son cerveau n'est pas développé comme le votre, et que certains déclencheurs qui vous paraissent "ridicules" activent de façon brutale des régions entières de son cerveau.


De la même manière, "les enfants qui meurent de faim" n'ont jamais fait finir un plat d'épinards à un enfant, ça ne fait qu'ajouter de la culpabilité et de la honte à une situation déjà compliquée.


Même si votre intention de faire relativiser votre proche est louable, et pourrait aider dans d'autres situations, pendant une crise autistique c'est contre productif. Vous allez juste le faire culpabiliser et se sentir plus mal encore. Et la dimension émotionnelle risque d'ajouter à l'intensité de sa crise.


"Quel dommage tu n'avais pas fait de crises depuis x temps"


Si votre proche était asthmatique, vous ne lui diriez pas ça. Ce proche est autiste, iel fera des crises autistiques. Comme un asthmatique. Dans un moment de crise, cette phrase peut donner l'impression d'un échec, d'un manque de performance ... et c'est la recette pour l'aggravation d'une crise.


Mais si vous tenez réellement le compte des crises de votre proche, une bonne manière de faire est : "c'est impressionnant, ta dernière crise date de XX, et c'est génial. Ça veut dire que tu te protèges de mieux en mieux. Bravo".


Alors quoi dire ?


Du. Positif.

Et QUE ça.


Félicitez le pour tout ce qu'il arrive à accomplir hors moments de crises. Sachez qu'en pleine crise ce proche est démoralisé, avec une estime au plus bas. Alors nourrissez cette estime, c'est ce que vous pouvez faire de plus utile.


"Tu te rends compte que tu réussis à faire XXX ? À gérer XXX alors que tu es autiste ?"


Reconnaissez que rien que traverser une crise autistique demande une force surhumaine. Et exprimez le "franchement je te trouve incroyable de réussir à tenir bon".



En crise autistique, tout est inquiétant et potentiellement aggravant. Si vous êtes une personne secure, vous ne pouvez pas être insecure en temps de crise. C'est à dire : ne pas parler clairement, attaquer, blâmer ou même quitter la pièce sans dire où vous allez. Ces choses là pourraient potentiellement tout aggraver. Essayez d'être fiables et clairs dans vos échanges avec la personne en crise. Ex : "Je vais aller boire, et je reviens si c'est ce que tu veux ?"


Et meilleur conseil ? Demandez à votre proche de quoi il a besoin. Parce que si vous partez alors qu'iel avait besoin de vous iel le vivra comme un abandon. Si vous restez alors qu'iel voulait être isolé.e : comme une intrusion.


Alors parlez, demandez et écoutez ! Et ne vous culpabilisez pas si vous avez déjà fait l'une de ces boulettes ... Ce qui compte c'est votre intention, et votre volonté de bien accompagner votre proche. (Et ça, c'est au rendez vous puisque vous avez lu cet article en entier ☺️)

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